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Ausstellung Erinnerung, „Cloitre“ Kreuzgang  rue des Archives – 75004 Paris / Frankreich

PARIS SOUVENIR

Interview mit der Ärztin und Künstlerin Dr. Margit Berhard auf Französich und Deutsch (unterhalb)

SOUVENIR

Sarah :  Chère Margit, l’exposition « Souvenir » est une exposition collective et elle aura lieu à Paris à l’automne 2016 dans un cloître gothique. Ma contribution artistique est préoccupée par une question centrale : comment se fabrique le souvenir ? Cela m’intéresse de savoir à quoi tu associes spontanément ce thème du souvenir, en tant que médecin ayant une longue pratique en O.R.L., d’autant que tu possèdes en plus un diplôme en homéopathie.

Margit : Mes plus anciens souvenirs se rapportent à la neige, la lumière, le froid, l’odeur et le goût de la neige. Ils me renvoient au temps où j’étais dans un chalet de montagne, un an avant mon entrée à l’école primaire. Mais je ne puis dire si ce souvenir est lié à une expérience réelle ou s’il se rapporte à une photo.

Sarah : Pour moi le souvenir est intimement lié à l’expérience. Dans mon projet photographique intitulé « Souvenir du présent », je me suis demandé comment mon pays d’origine, ou plutôt la perception que j’en ai, s’était transformée. Dans mon livre « Attrape-moi » paru en 2013 j’ai fait, avec des gens âgés de 50 à 100 ans, une interview sur les jeux de leur enfance. Là aussi il était question du souvenir. Ta spécialité médicale s’occupait de l’ouïe (oreille), du goût (gorge) et de l’odorat (nez). Comment est-ce que ces organes influencent notre perception ?

Margit : Ecouter et parler sont aujourd’hui les moyens de communication humaine les plus utilisés. Au début de l’évolution de l’humanité, l’odorat et le goût étaient prépondérants pour survivre. Ces sens sont aussi liés au plaisir, à l’attirance, la répulsion, l’attirance sexuelle.

Sarah : Que se passe-t-il quand un des sens évoqués plus haut ne fonctionne plus ? Par exemple l’ouïe ou le goût.

Margit : Pour ce qui est de la diminution, voir de la perte de l’ouïe, il y a aujourd’hui des prothèses (appareils ou implants) qui peuvent, du moins en partie, compenser la perte d’audition. Cependant, cette compensation a ses limites. Les troubles de l’audition entraînent des accidents liés à la circulation urbaine. La surdité conduit à la méfiance et à la solitude. Pour ce qui est des troubles de l’odorat, ils empêchent de reconnaître certains signaux d’alarme comme l’odeur du feu ou des aliments périmés. Les troubles de l’odorat peuvent mener à à la perte du plaisir, de la jouissance.

Sarah : Moi-même, dans mon enfance, j’ai vécu près de 2 ans sans presque rien entendre. J’ai failli être écrasée par un tracteur à cause de cela. Ma mère avait remarqué que je réagissais à peine quand on me parlait. Après ça j’ai subi le martyre pendant un an à l’hôpital et chez divers spécialistes. Mes conduits auditifs étaient bouchés. Je ne me souviens plus très exactement de cette période de surdité.En tant que médecin chevronné et grâce à ton expertise médicale, qu’as-tu compris des liens qui existent entre les organes des sens et le souvenir ?

Margit :  Chez certaines personnes les souvenirs apparaissent quand ils entendent un morceau de musique en particulier. Le goût caractéristique d’un gâteau rappelle par exemple le souvenir de la grand-mère. L’odeur du foin ou de fleur celui de vacances agréables. D’un autre côté, l’odeur du feu peut raviver un mauvais souvenir lié à l’enfance.

Sarah : Au cours de mes réflexions sur ce thème J’ai constaté que le mot « souvenir » n’a pas la même signification pour tous. Le même événement peut être perçu de façon contraire par différentes personnes, ils s’en souviennent même différemment. J’ai remarqué moi-même que les souvenirs se transformaient. Comment est-ce possible ? Est-ce qu’on peut influencer, voir modifier la perception et la mémoire ? Est-ce que le facteur temps est déterminant dans le processus de la mémoire ?

Margit :  De nouveaux souvenirs se superposent aux anciens ou les complètent. L’oubli partiel est un mécanisme de protection important. Le psychisme joue un rôle important dans la manipulation des souvenirs. Par exemple ce qui ne doit pas être, ne peut pas être. Etant donné que chaque événement a des aspects aussi bien négatifs que positifs, il est possible de transformer une expérience traumatisante en souvenir positif.

Sarah : Pour moi, la situation politique et économique actuelle est très complexe, elle représente un défi à mes yeux. Je perçois mon époque à travers les médias, les journaux, internet ou la télévision, donc avec les yeux et les oreilles. Ils déclenchent en moi comme en chaque personne, des processus. Comment fonctionne le processus d’assimilation des impressions sensorielles chez une personne ?

Margit :  L’organe de l’odorat se compose d’une partie avancée du cerveau. De là, les informations données par les cellules sensorielles du nez sont transmises directement au cortex olfactif à travers les « bulbus olfactorius » sans qu’il y ait d’interconnexions dans le système nerveux cérébral. Le nerf auditif emprunte le même chemin que le nerf de l’équilibre, de la base du crâne jusqu’au « nucleus cochlearis »  et entretient des connexions avec le cortex auditif. Le « nervus glossopharyngicus » conduit quant à lui ; des fibres sensibles – pour la perception de la température et du toucher, des fibres motrices – pour le langage et le transport des aliments, et enfin des fibres sensorielles – pour la perception du goût, tout comme les fibres parasympathiques. Ces informations sont transmises au « medulla oblongata ».

Sarah : J’aimerais savoir si tu as été confrontée lors de ta pratique professionnelle auprès des patients, à des choses que tu n’as jamais apprises pendant tes études, des situations difficiles à expliquer du point de vue médical.

Margit :  « Il y a plus de choses au ciel et sur la terre que votre savoir scolaire laisse imaginer » ( Hamlet – William Shakespeare ).

Sarah : J’ai posé ces questions en tenant compte de ma manière de percevoir les choses, perception marquée par ma culture et mon époque. Margit, est-ce qu’en tant qu’artiste tu pourrais ajouter d’autres facettes à ce thème de la perception et du souvenir ?

Margit :  L’alpinisme a joué un rôle important dans ma vie. J’ai escaladé, entre autres, plusieurs sommets de 6000 mètres. A 70 ans j’essaie encore de faire des randonnées dans les Alpes autrichiennes. La perception de la montagne avec tous mes sens nourrit mon œuvre artistique. Je m’appuie très souvent sur des souvenirs pour réaliser mes tableaux.

Sarah :  Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions.

Übersetzung/Traduction : Claudia Gedl

Concept/idea : Sarah Iris Mang

ERINNERUNG

Sarah: Liebe Margit, das Ausstellungsprojekt ERINNERUNG ist eine Gruppenausstellung  und findet in Paris, in einem gotischen Kreuzgang im Herbst 2016, statt. Mein künstlerischer Beitrag befasst sich mit der Frage, wie sich Erinnerung konstituiert. Als langjährig praktizierende HNO-Ärztin mit Homöopathiediplom interessiert mich besonders, welche spontanen Assoziationen du zu dem Thema Erinnerung hast.

Margit: Meine frühesten Erinnerungen haben mit Schnee zu tun.- mit Licht, Kälte, Geruch und Geschmack des Schnees, mit der Zeit, die ich als Vorschulkind auf einer Schihütte verlebte, wobei ich nicht mehr sicher sagen kann, ob sich diese Erinnerung auf konkrete Erfahrungen oder Fotos stützt.

Sarah: Für mich hat Erinnerung viel mit Erfahrung zu tun. In meiner Fotoarbeit ERINNERUNG AUS DEM JETZT bin ich der Frage nachgegangen, wie sich mein Heimatort verändert hat, beziehungsweise meine Wahrnehmung davon. In dem von mir 2013 herausgegebenen Buch „FANG MICH!“ befragte ich Personen zwischen 50 und 100 zu den Kinderspielen ihrer Kindheit. Auch hier ging es um das Erinnern.

Dein Fachbereich waren das Hören (Ohren), das Riechen (Nase) und das Schmecken (Hals), wie sehr beeinflussen diese Organe die Wahrnehmung eines Menschen?

Margit: Hören und Sprechen sind heute die wichtigsten Mittel zwischenmenschlicher Kommunikation. In der Frühzeit menschlicher Entwicklung waren Riechen und Schmecken wichtig um zu überleben. Diese Sinne haben auch mit Genuss zu tun, mit Zu- und Abneigung und mit sexueller Anziehung.

Sarah: Was passiert, wenn eines der zuvor genannten Sinnesorgane nicht mehr funktioniert? Also etwa das Gehör oder der Geschmackssinn verloren gehen?

Margit: Für Gehhörminderung – beziehungsweise – verlust gibt es heute Prothesen – Hörgeräte und Implantate-, die den Ausfall zumindest teilweise kompensieren können, allerdings sind dem auch Grenzen gesetzt. Bei Hörstörungen ergeben sich Gefahren,  besonders im Straßenverkehr. Schwerhörigkeit führt häufig zu Misstrauen und Vereinsamung. Bei Geruchsstörung werden bestimmte Warnsignale – Brandgeruch und Geruch von verdorbenen Lebensmitteln – nicht wahrgenommen. Bei der Störung des Geschmacksinns kommt es zu einem Teil des Verlusts der Genussfähigkeit.

Sarah: Ich selbst habe als Kind zweieinhalb Jahre lang fast nichts gehört. Ein Traktor hätte mich fast überfahren, weil ich ihn nicht hörte. Meine Mutter bemerkte, dass ich wenig auf Gesprochenes reagierte. Danach begann ein jahrelanges Martyrium im Krankenhaus und bei Fachärzten. Meine Gehörgänge waren verlegt. Ich erinnere mich eigentlich nicht mehr bewusst an die fast gehörlose Zeit.

Von welchen Erfahrungen weißt du als langjährig tätige Ärztin zu berichten, was die Sinnesorgane in Zusammenhang mit dem Erinnerungsvermögen bedeuten?

Margit: Bei vielen Menschen tauchen beim Hören eines bestimmten Musikstücks Erinnerungen an besondere Situationen auf.  Der  charakteristische Geruch eines Kuchens kann zum Beispiel die Erinnerung an die Großmutter wachrufen.  Heu- und Blumenduft können an einen schönen Urlaub erinnern. Andererseits kann zum Beispiel Brandgeruch an ein unangenehmes Erlebnis aus der Kindheit erinnern.

Sarah: Im Zuge der Auseinandersetzung mit dem Thema ist mir aufgefallen, dass Erinnerung nicht gleich Erinnerung ist. Ein und dasselbe Ereignis wird von unterschiedlichen  Personen oft komplett konträr wahrgenommen, beziehungsweise erinnert. Bei mir selbst habe ich auch beobachtet, dass sich Erinnerungen verändern. Wie ist das möglich? Sind Erinnerung und Wahrnehmung steuerbar, veränderbar? Ist der Faktor Zeit wesentlich im Erinnerungsprozess?

Margit: Neue Erinnerungen überlagern oder ergänzen alte Erinnerungen.  Teilweises Vergessen ist ein wichtiger Schutzmechanismus, die Psyche hat einen wesentlichen Anteil an der Manipulation der Erinnerungen: zum Beispiel weil nicht sein kann, was nicht sein darf. Da jedes Ereignis sowohl positive als auch negative Aspekte hat, kann es gelingen traumatische Erfahrungen in positive Erinnerungen zu verwandeln.

Sarah: Ich empfinde die momentane politische und wirtschaftliche Situation als sehr vielschichtig und herausfordernd. Ich nehme diese „meine Zeit“ hauptsächlich über Medien wie Zeitung, Internet  oder Fernsehen wahr. Also mit den Augen und den Ohren. Sie lösen in mir, wie in jeder anderen Person auch, Prozesse aus. Wie funktioniert der Prozess der Verarbeitung von Sinneseindrücken bei einem  Menschen?

Margit: Das Riechorgan besteht aus einem vorgeschobenen Hirnanteil. Von dort werden die Informationen von den Sinneszellen in der Nase über den bulbus olfactorius ohne Verschaltung im ZNS direkt an die Riechrinde weitergleitet. Der Hörnerv läuft gemeinsam mit dem Gleichgewichtsnerv durch die Schädelbasis zum nucleus cochlearis mit Verbindungen zur Hörrinde.

Der nervus glossopharyngicus führt sensible Fasern – Temperatur und Tastempfindung. Motorische Fasern für Sprache und Speisentransport. Sensorische Fasern für Geschmacksempfindungen, sowie parasympathische Fasern. Die Informationen werden zur medulla oblongata weitergeleitet.

Sarah: Mich würde interessieren, ob dir als Ärztin Dinge in der Praxis widerfahren sind, die du niemals in der Ausbildung gelernt hast. Also Vorfälle, die medizinisch schwer zu erklären waren?

Margit: „ Es gibt mehr Ding im Himmel und auf Erden als eure Schulweisheit erträumt.“ ( aus Shakespeares Hamlet)

Sarah: Ich habe jetzt von meiner Wahrnehmungsperpektive aus gefragt, die kulturell und zeitbedingt geprägt ist. Margit, möchtest du, die auch künstlerisch tätig ist, weitere Facetten zum Thema Erinnerung und Wahrnehmung hinzufügen?

Margit: In meinem Leben hat das Bergsteigen eine sehr wichtige Rolle gespielt – ich habe, unter anderem, mehrere 6000-er bestiegen. Ich versuche auch jetzt mit 70 Jahren noch Touren in den heimatlichen Alpen zu bewältigen. Die Bergwahrnehmung mit allen Sinnen speist meine künstlerische Arbeit. Wobei ich mich im malerischen Prozess sehr oft auf Erinnerungen stütze.

Sarah: Vielen Dank für das Interview.[:]